

Chant pour dix pas sur voie d’eau
Grand frais nous voici
à la source scellée
avons gruau poli
glaises éventré
aux bains des battes muettes
parfums d’algues moites
temps obscur des sérails
maintenant pousse le corail
Grand frais folle croyance
assemble des membranes
en terre de patience
soude les os du crâne
blanches argiles entaillées
amarrent au néant
ponts d’écume scarifiée
dix soleils flottants
Grand frais de presque rien
- brûlures noyées enfin -
l’homme né du limon
clamera son nom
marchera sans trêve
surpris que finalement
glisse le sable des rêves
comme sucre étincelant.


